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Injonction festive

Les périodes de fête portent en elles une belle dose de mélancolie. Celle de devoir faire semblant de festoyer sans ses proches disparus, celle de souvenirs urticants, du constat que tout revient toujours au même moment, avec la régularité d’un métronome zélé. Dans ce catalogue, Noël est le plus bel exemple. En visitant un village
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A Venise tout est théâtre

Venise, métaphore même de l’existence humaine, voire (soyons fous) une allégorie de la civilisation. Partout la Sérénissime nous offre un mélange orchestré de la beauté architecturale, voisinant allègrement avec la gangrène s’insinuant le long des canaux oubliés. Parfum suave des Vénitiennes masquées flottant dans le remugle des arrière-cours vermoulues. Ici la vie pactise avec la
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Photos gammes

Un peu comme le musicien travaille encore et encore ses gammes, comme le comédien ressasse et ressasse ses textes, comme le peintre croque et croque toujours dans ses carnets, le photographe a aussi besoin de manipuler ses objectifs, ses boitiers, son regard dans des diversions graphiques. L’étang de Canet-en-Roussillon se prête idéalement à ces exercices.
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Cathédrales urbaines

L’homme a toujours aimé construire des cathédrales.Au moyen-âge c’était pour honorer son dieu, à l’heure de l’industrie et du modernisme c’est pour célébrer le génie de l’homme. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Les cathédrales urbaines sont pleines de bruit et de fureur, et si parfois les saveurs douces et entêtantes du CO2
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Sens étiquette

Comment choisit-on une bouteille de vin quand on n’y connait pas grand-chose ?Impossible d’y goûter, autant dire « acheter un chat dans un sac ». Alors on se fie à la vitrine du flacon, l’étiquette. Il y en a pour tous les goûts. De la tapeuse avec image de château, lettres gothiques et nom supposé du domaine truffé
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Mannequins

Dans les coulisses d’un vieux théâtre je suis tombé nez à nez avec des bustes de mannequins légèrement défraichis ayant servis d’accessoires de mode dans des pièces jouées sur la scène juste en dessous de la réserve. Malgré le temps le maquillage de ces belles d’autres fois demeurait toujours aussi présent, aussi approximatif et transpirait
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Anarchitecture du bord de mer

La mer a toujours été synonyme de liberté. Liberté de voyager de fendre les flots, de vivre le temps d’un espace précieux une parenthèse hors du temps, loin de la société des tracas du monde et en profiter pour lui dire merde. Et ceux qui restent à flot face à l’océan ? Eux aussi ont peut-être
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Nous avions dix ans à peine, tous nos jeux étaient les mêmes

Dans les années soixante les journaux publiaient des vignettes en noir et blanc annonçant les films à l’affiche. Des œuvres éphémères comme par exemple Bang Bang titre aussi d’une chanson de Sheila. Ça tombe bien puisque c’est là son premier film sorti sur les écrans en 1967. Une copro franco italienne où passent faire apparition
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La Campagne à Paris

C’est un tout petit quartier en plein Paris, à deux minutes de la fureur de vivre à la parisienne. Pourtant, ces quelques rues du XXe arrondissement, ce petit lotissement, ressemblent à aucun autre quartier à dix stations de métro à la ronde. Il est dit que ce morceau de ruralité dans la capitale a été
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Maillol sur Mer

Je ne me lasse pas du plaisir de flirter avec l’univers de Maillol. Comme c’est à Banyuls-sur-Mer qu’il est né et qu’il a travaillé, il paraissait évident que la charmante petite station balnéaire de la Côte Catalane lui rende hommage. C’est sur le front de mer que l’on a installé quelques unes de ses œuvres.
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Couleur pub

On connaissait le tirailleur sénégalais de « Y’a bon Banania », on connait moins celui de Cantaloup Catala, ancêtre de Cémoi. A l’époque c’est à Arles-sur-Tech dans les Pyrénées-Orientales que le chocolatier avait ses usines de production. Et quoi de mieux pour personnaliser le cacao venu d’Afrique qu’un autochtone dévorant à pleines dents, ici le terme n’est
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La petite maison dans les vignes

C’est un peu la signature du paysage catalan. Disséminés sur les terrains agricoles, essentiellement dans les vignes, les casots sont bien plus que de simples remises agricoles. Historiquement il est vrai que ces cabanes, en pierres sèches pour la plupart, servaient à entreposer les outils que l’on ne pouvait ramener le soir au mas. Dans
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On tourne en rond

A quoi se résume une vie. A un grand Jeu de l’oie dans lequel on est rentré un jour en sortant de la Matrice. Et tout s’est alors mis en mouvement. Avec souvent cette impression énervante que les choses étaient inscrites, que dès le départ, et quel que soit les coups de dés que l’on
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Les aléas de l’errance

Je suis là dans un chaos insondable. Au sens propre. Des pierres dans tous les sens, des amas de roches et de cailloux avec parfois des arbrisseaux tentant de se frayer un passage vers le ciel en suçotant entre deux anfractuosités un peu d’humus et de substances vitales. Combat singulier, désespéré, celui de la vie.
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Un parfum des Années 30

J’ai déjà évoqué ici même le célèbre Rayon vert bâtiment Art déco sous catégorie « paquebot », arrimé depuis presque un siècle à Cerbère. On oublie parfois que c’est aussi aujourd’hui un hôtel proposant quelques chambres et appartements. Ne vous attendez pas à un palace somptueux, même si à l’origine il pouvait revendiquer ce statut auprès de
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On m’appelait « Le Monastère de l’apocalypse »

De prime abord l’édifice est mastoc, compact, bien planté sur ses fondations, comme une bonne vieille église de montagne avec des murs de schiste et quelques maigres ouvertures sur sa façade presque cubique. Le prieuré de Serrabone a abrité au départ un collège de chanoines, ceux qui suivaient la Règle de Saint-Augustin. Devoir, effort, sacrifice
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L’opérette opère

Dans les années soixante, soixante-dix les journaux publiaient des vignettes en noir et blanc annonçant les films à l’affiche. Des œuvres éphémères qui en disent autant sur l’époque que sur le film en question. Prenez par exemple A la Jamaïque (1957). Une opérette mise en Eastmancolor par André Berthomieu. Tout y est pour faire rêver
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Cadaquès

Vous aimez Collioure, vous adorerez Cadaquès un peu sa cousine au sud de la frontière. Même communion païenne entre montagne et bord de mer, même ambiance de petit village touristique qui a su, on le jurerait en tout cas, conserver sa part d’authenticité. Les maisons sont blanches, les barques en bois véritable dansent dans la
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L’Ile au coquelicot

Trois fois le nom d’Adamo dans la même vignette on peut dire que les producteurs misent tout sur la présence du chanteur dans ce film de 1970. L’illustration est une caricature chimiquement pure des années soixante-dix. Le pull rayé unisexe orange et brun comme on le voit ici, n’a plus cours depuis des décennies, mais
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Laisse béton

L’architecture moderne a longtemps fait du béton sa matière de prédilection. On le voyait partout, c’était la star, et les spécialistes avaient même inventé un mot pour lui rendre hommage : le brutalisme.Il est vrai que le roi béton est docile, il se plie volontiers à toutes les fantaisies des architectes, il est solide, il est
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Bon profit

Locution interjective catalane (oui je sais c’est pompeux, mais rien n’interdit de semer ici ou là des mots savants qui font riche) expression donc, pourrait se traduire par “bon appétit” ou si vous préférez “enjoy your meal”. Car une fois que l’on est à table, on va “profiter” de l’ollada (ouillade) qu’a préparé la maîtresse
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Byrrh, tonique, hygiénique

Pas un film des années trente, quarante, même cinquante, sans que l’on voit dans un bistrot, placardé sur une affiche, un mur, ou sur la bâche d’un camion une publicité pour cet apéritif à base de vin le célébrissime Byrrh. La mixture apéritive, dite “boisson hygiénique”, qui se vendait à l’origine dans les pharmacies un
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Belle Epoque

Il y a des lieux qui sont a jamais liés à une époque. Pour la charmante petite station thermale de Vernet-les-Bains par exemple, difficile de se détacher de l’empreinte de la Belle Epoque. Quelques bâtiments à l’architecture remarquable et des jardins odoriférants sont là pour nous le rappeler. Symboles de cette période d’avant la Première
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Collioure plein soleil

La célèbre « cité des peintres », là où est né le fauvisme au début du XXe siècle, a vécu plusieurs vies. Et comme toujours, et comme partout, ce sont les artistes qui ont le mieux ressenti ces évolutions. L’artiste est un sismographe, ses œuvres : la bande image des époques qui muent. C’est ce que l’on peut
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Venise à la vie, à la mort

Pour moi, Venise c’est la métaphore même de l’existence humaine, de la civilisation. Mélange orchestré de la beauté et de la pourriture des canaux oubliés. C’est le parfum suave des Vénitiennes et le remugle des arrière-cours. Ici la vie pactise avec la mort, mais à l’ombre des palais, mais cette dualité vie-mort est mise en
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Les murs s’affichaient

Elles disparaissent lentement du paysage de nos routes. Ces publicités, peintes sur les façades des maisons, ont eu leur heure de gloire dans les années cinquante, soixante. Elles perdent de leur superbe et s’effacent sous les outrages du temps et des intempéries. Elles avaient pourtant du charme, et tout gamin j’aimais lire ici : « Du beau
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Gérone, l’Histoire a pris des couleurs

A quelques encablures de Perpignan, juste de l’autre côté de la frontière pyrénéenne, la ville de Gérone est une cité qui ne manque pas de caractère. Certain, l’inspiration galopent l’ont qualifié de Florence catalane. Ouais. L’ambiance médiévale de son quartier historique en tout cas, a un temps servi de décor naturel pour la série Game
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Mémoire2cinéma : des frangines, à la fois sexy et policières
Dans les années soixante les journaux publiaient des vignettes en noir et blanc annonçant les films à l’affiche. Des œuvres éphémères comme par exemple Les Frangines en 1960. Ici tout est collector, ici tout est symbole d’une époque. Photo mal détourée d’une étreinte de cinéma, titre en police de caractère très daté, accroche explicite (sexy
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Tiens, un Belmondo

Crée dans les années soixante-dix le long de l’autoroute La Catalane, autrement dit l’A9, qui relie le Nord de l’Europe à l’Espagne, le Village catalan a été voulu comme l’ultime aire de repos en France. L’architecte (Bertran de Balanda) a imaginé ici une réplique d’un traditionnel village avec son clocher, sa petite place et quelques
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Limoux, poésie et effervescence

On dit que le carnaval est une période de rupture des conventions, que pendant un laps de temps bien défini, le roi devient gueux et le pire des malfrats prend la place du souverain sur son trône doré. On dit que tout est renversé, et que la liberté est offerte à tous (et toutes bien
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Il était une foi

La semaine sainte s’est imperturbablement déroulée en Roussillon comme depuis des siècles. J’étais ce vendredi soir à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales) pour la procession nocturne de la Sanch. Juste avant de revêtir sa tenue cérémonielle dans le local dédié, un pénitent que je connais dans la vie « profane » me confiait qu’il participait activement à cette procession nocturne
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Empuria la brave

Ce serait paraît-il la marina résidentielle la plus importante d’Europe, voire du monde. Conçue dans les années soixante-dix c’est un peu la Venise de la Catalogne, comme on connaît la Venise du Nord. Chaque fois qu’on a de l’eau on évoque la référence, la Sérénissime. Empuria Brava c’est surtout pour moi le concentré de l’architecture
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Nouvelles du passé

Qu’ont-ils à nous apprendre ces vieux grimoires du temps passé bien alignés sur les rayons des bibliothèques ? Des centaines des milliers de pages compactes avec des écritures aux caractères de formes anciennes et aux mots devenus disparus, usés par le temps qui passe inexorable. Ont-ils d’ailleurs des choses à nous raconter, nous les enfants d’Internet,
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L’heure bleue, la « blue note » du photographe

La plus belle des lumières, pour un photographe en tout cas, n’est jamais celle qui éclabousse à midi les travaux des hommes. Non la plus belle lumière est celle qui commence à poindre au petit matin. Les formes se dessinent peu à peu, se laissent apprivoiser, et lentement le monde revient à la vie après
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Décorum arrangé

Une table juste assez petite pour que l’on puisse de tenir la main tout en dégustant son rosé bien frais, une ambiance sans chichi, sans sommelier qui vient vous vanter les « notes délicates de fruits rouges » et les « le final harmonieux souple et persistant » de la dernière cuvée qu’il vient de découvrir, un resto où
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Signé Corbu

Ronchamps. Quand il a été décidé, en 1950 de rebâtir une chapelle, là sur la colline de Bourlémont, beaucoup ont pensé retrouver le style de l’ancienne petite église, rasée durant la guerre. Mais dans la mesure où le diocèse avait choisi Le Corbusier comme architecte, on imagine qu’ils ont été surpris. Et pas qu’un peu.
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L’Ecole de Paris

Cette année le musée d’Art moderne de Céret invite les amateurs à une visite des œuvres des artistes de l’École de Paris. Même si vous n’êtes pas un spécialiste de l’histoire de l’art, il y a des noms qui vous parleront. Picasso, Chagall, Modigliani, Soutine, ont fait les beaux jours de ces quatre décennies bénies
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Nous voilà bien lotis

Dans les années cinquante les journaux publiaient des vignettes en noir et blanc annonçant les films à l’affiche. Des œuvres éphémères comme par exemple Ramuntcho en 1959. Avec cette vignette, nous voilà plongé dans l’iconographie du parfait bonheur façon Petite maison dans la prairie ou style Sisi impératrice low cost. La demoiselle est happée par
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Bel exemple de ratage

Dans les années cinquante les journaux publiaient des vignettes en noir et blanc annonçant les films à l’affiche. Des œuvres éphémères comme par exemple celle de ce film de 1959. Si je parle de ratage, c’est pour plusieurs raisons. Le titre tout d’abord. On le trouve péniblement juste au-dessus du crane de l’homme à la

